GrapheneOS quitte la France après des menaces judiciaires, par crainte de subir le même sort que Pavel Durov

Accusés de faciliter le narcotrafic et menacés de poursuites, les développeurs de GrapheneOS annoncent leur retrait complet de France. Le projet open-source, réputé pour son chiffrement solide, dénonce une hostilité croissante des autorités françaises envers les outils de protection de la vie privée. Une décision qui secoue le monde de la cybersécurité.

« La France est devenue le pays le plus hostile d’Europe à la vie privée numérique » : les développeurs de GrapheneOS claquent la porte après des menaces judiciaires à peine voilées.

Une affaire de narcotrafic qui met le feu aux poudres

Tout commence avec une enquête sur un gros réseau de drogue. Les policiers saisissent plusieurs Google Pixel équipés de GrapheneOS, cet OS open-source réputé pour son chiffrement blindé. Impossible à déverrouiller, même avec les outils les plus pointus. Frustration maximale.

Le 21 novembre 2025, Le Parisien et Le Figaro publient le même jour des articles titrant quasiment à l’identique : « GrapheneOS, le nouvel outil préféré des narco-trafiquants ». Le message est limpide : si la police n’y arrive pas, c’est que l’OS est fait pour les criminels.

GrapheneOS réagit :

« Nous mettons fin à nos opérations en France et cessons d’utiliser des entreprises françaises (principalement OVH) pour fournir nos services en raison de déclarations directes des forces de l’ordre publiées dans des dizaines d’articles de presse française. Leurs affirmations inexactes concernant GrapheneOS et leurs menaces à peine voilées ont été le signal de notre départ. […] Elles ont clairement fait savoir qu’elles s’attendent à avoir accès aux téléphones et qu’elles s’en prendront à nous si nous ne coopérons pas. Coopérer avec cela signifie ajouter une porte dérobée. Les forces de l’ordre françaises ont mentionné SkyECC et Encrochat, deux entreprises qu’elles ont ciblées avec des arrestations et des saisies de serveurs. Elles ont clairement indiqué qu’elles nous poursuivraient de la même manière si elles parvenaient à invoquer une justification suffisamment valable et que nous ne coopérions pas en fournissant un accès aux appareils. Nous ne voyagerons pas en France, y compris en évitant les conférences, et éviterons d’avoir des personnes travaillant dans le pays aussi. […] Une règle simple (une sorte d’astuce rapide) pour l’Union européenne serait d’éviter de s’appuyer sur, ou de collaborer avec, les pays qui soutiennent le projet ChatControl. Nous croyons sincèrement que nous ne pouvons plus opérer en sécurité en France en tant que projet de confidentialité open source. »

Comme le résume parfaitement Momotchi, suivie par des dizaines de milliers de personnes :

« Vous avez un projet open-source légitime qui fait bien son boulot de protection. La police n’arrive pas à le casser → les médias le salissent → les devs se barrent parce qu’ils reçoivent des menaces à peine voilées. Bienvenue en France 2025. » – @mmtchi, 25 novembre 2025 

Johanna Brousse brandit la menace judiciaire

La goutte d’eau ? Les déclarations de Johanna Brousse, cheffe de la section cyber du parquet de Paris – la même qui a fait arrêter Pavel Durov. Dans Le Parisien, elle lâche :

« Rien n’empêchera le parquet de poursuivre les éditeurs de logiciels qui refuseraient de coopérer. »

Traduction : si vous développez un outil de chiffrement trop solide et refusez de livrer les clés, on viendra vous chercher. Exactement ce qui est arrivé à Durov en août 2024 (quatre jours de garde à vue et 5 millions d’euros de caution).

Un air de déjà-vu européen

  • Août 2024 → Pavel Durov arrêté à l’aéroport du Bourget
  • Novembre 2025 → GrapheneOS ferme boutique en France

Même logique : dès qu’un outil devient trop efficace pour protéger la vie privée, il passe du statut de solution de sécurité à celui de menace nationale.

En Allemagne ou aux Pays-Bas, GrapheneOS continue de travailler tranquillement. En France, c’est devenu trop risqué.

Conséquence paradoxale : la meilleure pub du monde

Ironie totale : depuis l’annonce, les installations de GrapheneOS explosent. Sur les forums et groupes Telegram francophones, on lit partout : « Si même la police n’y arrive pas, c’est que ça marche vraiment. »

Les Google Pixel 8 et 9 compatibles sont en rupture chez plusieurs revendeurs européens. Un utilisateur résumait hier sur X : « Merci Le Parisien, j’ai commandé le mien ce matin. »

Vers une France sans outils de privacy ?

La question reste en suspens : jusqu’où ira l’État français ? Interdire purement et simplement les OS trop sécurisés ? Obliger les constructeurs à livrer des backdoors ? On n’en est pas là… mais la menace plane.

En attendant, un projet open-source salué mondialement pour sa rigueur technique a décidé que la France n’était plus un pays sûr pour lui.

Et comme le conclut @mmtchi dans la dernière ligne de son thread :

« Plus tu protèges ta vie privée, plus tu deviens suspect. Bienvenue dans le futur qu’on nous prépare. »

Le MEDIA en 4-4-2 est un média alternatif qui dispense, non sans humour, un très bon suivi des affaires de corruption et de manipulation du régime.

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Article : https://lemediaen442.fr/grapheneos-quitte-la-france-apres-des-menaces-judiciaires-par-crainte-de-subir-le-meme-sort-que-pavel-durov/

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