Après le vote à l’Assemblée d’un texte visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, l’exécutif annonce déjà la suite : limiter les contournements. Et le mot revient partout depuis quelques jours : VPN.
« Les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste. » La phrase est lâchée, vendredi 30 janvier 2026, par Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, au micro de franceinfo, trois jours après l’adoption à l’Assemblée nationale d’un texte qui vise à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
🔴 Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : « Oui le VPN existe, mais si avec ce texte, je réussis à protéger une très large majorité des enfants, nous continuerons. »
🔴 Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : "Oui le VPN existe, mais si avec ce texte, je réussis à protéger une très large majorité des enfants, nous continuerons."
🗣 Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique. pic.twitter.com/S2BQ9Ddf7G
À ce stade, aucune “interdiction des VPN” n’existe dans la loi. Mais le signal politique est clair : pour rendre l’interdiction des réseaux sociaux difficile à contourner, le gouvernement regarde maintenant du côté de l’outil le plus simple pour changer de “pays” en un clic.
Ce qui a été voté : une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, avec procédure accélérée
Le 26 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée le 23 janvier 2026, avec une ambition d’entrée en vigueur à la rentrée 2026-2027 selon les dispositions évoquées publiquement.
Dans les grandes lignes, le texte fait peser l’essentiel de l’exécution sur les plateformes : elles doivent empêcher l’accès des moins de 15 ans, ce qui renvoie immédiatement au nerf du sujet : la vérification d’âge.
Pourquoi les VPN deviennent “le problème d’après” dans la tête du gouvernement
Un VPN, c’est un tunnel chiffré entre votre appareil et un serveur. Pour un ado, ça se résume souvent à une métaphore très simple : mettre un masque et passer par une autre porte. La plateforme voit arriver la connexion depuis un serveur situé ailleurs et, selon la manière dont l’interdiction est mise en œuvre, la vérification peut devenir moins efficace.
C’est précisément la “faille” reconnue publiquement : si la politique repose (même partiellement) sur la localisation ou sur des mécanismes faciles à contourner, le VPN devient la trousse à outils du contournement.
La ministre dit d’ailleurs compter sur une efficacité “60 à 70 %” de la loi, en expliquant que des enfants très jeunes ne maîtrisent pas ces outils sans l’aide d’un adulte.
Le nœud du problème : pour filtrer les mineurs, il faut identifier les gens
C’est là que la critique sur les “dérives” prend une base très concrète, presque mécanique.
Un VPN est utilisé pour des raisons banales et légitimes : sécurité sur Wi-Fi public, confidentialité, protection contre certaines formes de pistage, ou accès à des services depuis l’étranger. Vouloir en restreindre l’accès aux mineurs pousse à une question simple : comment prouver qu’on est majeur sans transformer le VPN en guichet d’identité ?
La CNIL alerte depuis longtemps sur cette pente : la vérification d’âge peut se justifier dans certains contextes, mais sa généralisation peut conduire à un monde numérique où l’on doit “constamment prouver son âge, voire son identité”, avec des risques importants pour les libertés (dont la liberté d’expression).
Dit autrement : si l’État veut empêcher le contournement, il doit pousser vers des dispositifs qui rapprochent l’internet d’un contrôle d’accès permanent, comme un vigile à l’entrée de chaque porte. Et c’est précisément ce que beaucoup redoutent : non pas “un outil de protection”, mais une infrastructure qui rend la surveillance plus facile — parce que l’anonymat devient suspect par défaut.
Interdiction des réseaux sociaux : l’objectif affiché, le risque collatéral
Personne ne nie le problème de fond : les réseaux sociaux pèsent lourd dans la vie des ados, et les inquiétudes sur la santé mentale sont devenues un sujet politique majeur. On parle d’un usage massif du smartphone chez les 12-17 ans, et d’un climat de responsabilité accrue des plateformes.
Mais l’outil choisi compte autant que l’objectif.
Si l’interdiction se résume à “bloquer” sans architecture robuste, elle sera contournée.
Si on construit une architecture robuste, on risque de créer une infrastructure d’identification qui dépasse largement le cas des mineurs.
La CNIL, sur la vérification d’âge, défend une voie plus protectrice : recours à un tiers indépendant et solutions de “double anonymat” (le site ne connaît pas l’identité, le tiers ne sait pas quel site est consulté). C’est précisément le type de garde-fous qui manque quand on bascule du contrôle d’accès à des contenus (comme la pornographie) vers des outils transversaux comme les VPN, qui touchent à toute la navigation.
Ce qu’il faut surveiller maintenant
Pour rester factuel : au 30 janvier 2026, on a une loi votée en première lecture sur les réseaux sociaux, une procédure accélérée, une ministre qui annonce un “prochain sujet”, et un amendement qui esquisse une restriction des VPN pour les mineurs.
La suite, ce sera :
la trajectoire parlementaire au Sénat et les versions finales du texte sur les réseaux sociaux ;
la manière dont l’exécutif veut traiter le contournement (technique, juridique, ou les deux) ;
et surtout, la ligne rouge : protéger les mineurs sans installer un contrôle d’identité permanent.
C’est là que se jouera le vrai choix politique : une protection ciblée, ou une logique de filet qui reste en place pour tout le monde. On imagine le pire !
Le MEDIA en 4-4-2 est un média alternatif qui dispense, non sans humour, un très bon suivi des affaires de corruption et de manipulation du régime.
En 2002, un contrat avait été lancé contre Bruno Gaccio, porte parole syndical pour les salariés de Canal +, mais aussi rédacteur en chef des Guignols de l’info. Bruno Gaccio avait littéralement humilié Jean-Marie Messier face aux caméras, […]
« Louis XIV, un étranger ? » Sur les affiches du musée national de l’Histoire de l’immigration, placardées dans les couloirs du métro parisien, le message mis en avant – « C’est fou, tous ces étrangers qui ont fait l’Histoire de France » avec […]
Un long thread intitulé « EU Censorship Files, Part II », publié le 3 février 2026 par le compte officiel du Comité judiciaire républicain de la Chambre des représentants des États-Unis, accuse l’Union européenne d’exercer depuis près de […]
Soyez le premier à commenter
Laisser un commentaire
2020-2025 OBSERVATOIRE DE LA PROPAGANDE - Site sans cookies ni mouchards
Soyez le premier à commenter