Les Clinton cèdent : ils témoigneront sur Epstein à la veille d’une mise en accusation pour outrage au Congrès

Dans un développement majeur survenu lundi soir 2 février 2026, l’ancien président Bill Clinton et l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton ont accepté de se présenter pour des dépositions devant le Comité de surveillance et de réforme gouvernementale de la Chambre des représentants (House Oversight Committee). Cette décision intervient à la veille d’un vote attendu au Congrès pour les déclarer en outrage (contempt of Congress) en raison de leur refus répété de comparaître suite à des assignations (subpoenas) émises en août 2025. Les Clintons avaient alors déclaré : « Chaque personne doit décider quand elle en a assez et est prête à se battre pour ce pays, ses principes et son peuple, peu importe les conséquences. »

Le président républicain du comité, James Comer (R-KY), a annoncé que le comité suspendait l’examen des résolutions de « contempt » après avoir reçu un email des avocats des Clintons indiquant qu’ils « acceptent les termes de votre lettre et comparaîtront pour des dépositions à des dates mutuellement convenues ». Comer a toutefois précisé que les termes proposés manquaient encore de clarté (notamment sur les dates précises) et qu’il clarifierait la situation avant de décider des prochaines étapes avec les membres du comité.

Ce revirement survient après plusieurs mois de bras de fer. Les Clintons avaient initialement qualifié les assignations « d’être légalement invalides » et accusé le comité de partisanerie. Ils avaient proposé fin janvier une offre limitée : un entretien transcrit de quatre heures pour Bill Clinton à New York sur des sujets restreints aux enquêtes et poursuites liées à Epstein, et une déclaration sous serment pour Hillary Clinton. Cette proposition avait été rejetée par Comer le 2 février au matin, qui y voyait une tentative d’obtenir un « traitement spécial » et de limiter les questions (notamment sur leurs relations personnelles avec Epstein et Ghislaine Maxwell, ou sur d’éventuels efforts pour influencer des médias comme Vanity Fair).

Le porte-parole de Bill Clinton, Angel Ureña, a réagi sur X en affirmant que les Clintons avaient « négocié de bonne foi » contrairement à Comer, et que « l’ancien président et l’ancienne secrétaire d’État seront là. Ils se réjouissent de fixer un précédent qui s’applique à tout le monde ». Il a ajouté : « Ils vous ont dit sous serment ce qu’ils savent, mais vous vous en fichez ».

Contexte rappelé de l’affaire et des liens avec les Clintons

L’enquête bipartisane du comité, lancée en 2025, vise à examiner les investigations fédérales sur Jeffrey Epstein (décédé en 2019) et d’éventuelles interférences extérieures. Les subpoenas ciblaient aussi d’anciens procureurs généraux et directeurs du FBI. Les Clintons sont visés en raison de voyages documentés de Bill Clinton sur le jet d’Epstein (plusieurs fois en 2002-2003), de photos et allégations (non prouvées judiciairement) de pressions sur des médias pour étouffer des articles, ainsi que de contacts d’Hillary Clinton avec Ghislaine Maxwell après les premières révélations.

Ni Bill ni Hillary Clinton n’ont été accusés de crimes liés à Epstein ; ils affirment n’avoir aucune connaissance de ses activités criminelles. Pourtant leurs noms ont été mentionnés de nombreuses fois dans les Epstein files déclassées et publiées récemment.

Conséquences potentielles aux États-Unis

Ce revirement évite (provisoirement) une procédure rare de poursuite, qui aurait pu mener à une référence au Département de la Justice pour poursuites pénales (amendes ou prison, bien que rarement appliquées à ce niveau). Le comité avait déjà voté en janvier pour avancer des résolutions bipartisanes de « contempt ». Si les dépositions ont lieu, cela pourrait clore ce volet sans escalade judiciaire, mais raviver les débats sur l’influence des élites et la transparence.

Parallèles et répercussions internationales, notamment en France

Ce cas illustre les tensions entre pouvoir exécutif/passé et contrôle parlementaire. En France, un parallèle direct existe avec Alexis Kohler, ancien secrétaire général de l’Élysée, mis en examen pour prise illégale d’intérêts (liens familiaux avec MSC) et qui a refusé en février 2025 de comparaître devant une commission d’enquête sénatoriale sur le scandale des eaux minérales (Nestlé, traitements illicites). Malgré une obligation légale (ordonnance de 1958 : jusqu’à 2 ans de prison et 7 500 € d’amende pour refus de comparaître), aucune poursuite n’a été engagée. Kohler a quitté l’Élysée en avril 2025 pour un poste à la Société Générale, sans conséquence visible.Kohler

Ces deux affaires renforcent la perception d’une impunité des élites : aux États-Unis, la pression des poursuites a forcé un revirement ; en France, l’absence de suites judiciaires face à un refus similaire érode la confiance (71 % des Français doutent de l’action gouvernementale contre la corruption, selon divers sondages récents). Cela pourrait encourager ailleurs des stratégies d’obstruction, mais aussi, dans le cas américain, démontrer que la menace d’une sanction réelle peut contraindre à la coopération – un signal pour les démocraties sur l’importance de mécanismes de contrôle indépendants et appliqués.

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