Noël Godin, alias Georges Le Gloupier, est mort le 23 août 2026 à l’âge de 80 ans. Pendant plus d’un demi-siècle, le Belge avait transformé la tarte à la crème en instrument de dérision contre célébrités, milliardaires et intellectuels qu’il jugeait beaucoup trop satisfaits d’eux-mêmes.
Certains approchent les puissants pour obtenir une poignée de main ou une photographie. Noël Godin préférait arriver avec de la crème. Sa compagne Sylvie Broodthaers a annoncé à l’AFP sa mort, survenue dimanche 23 août. Avec lui disparaît Georges Le Gloupier, personnage devenu indissociable de ces attentats pâtissiers soigneusement préparés.
Son tableau de chasse était assez remarquable : Marguerite Duras, Jean-Luc Godard, Patrick Poivre d’Arvor, Bill Gates et surtout Bernard-Henri Lévy. Chez Godin, la sanction réservée aux « pompeux cornichons » ne nécessitait ni commission parlementaire ni éditorial de quinze pages : une tarte, un bon timing et quelques secondes de ridicule public suffisaient.
BHL, cible favorite de Georges Le Gloupier
Bernard-Henri Lévy occupait une place particulière dans cette œuvre crémeuse. Noël Godin affirmait en 2021 l’avoir personnellement entarté huit fois, sans compter les attaques réalisées par ses disciples. « À vrai dire quand il ne sera plus là, je serai désemparé », disait-il alors à l’AFP à propos de BHL. Peu d’intellectuels auront bénéficié d’un admirateur aussi fidèle.
Le philosophe, habitué des plateaux de télévision et des terrains de guerre, représentait presque la cible idéale pour Le Gloupier. Aux grandes déclarations et aux postures martiales, Godin répondait avec de la crème fouettée. Chacun son arsenal.
Bill Gates n’avait pas échappé à la tarte
En 1998, le milliardaire Bill Gates découvre lui aussi la spécialité belge lors d’un déplacement à Bruxelles. L’image du patron de Microsoft le visage couvert de crème fait rapidement le tour du monde. Le principe de Godin était simple : plus la cible paraissait intouchable, plus la chute visuelle fonctionnait.
Il avait même organisé en 1997 l’entartage de Nicolas Sarkozy par des complices, préférant rester en retrait puisqu’il risquait désormais d’être reconnu. Ironie délicieuse : l’homme qui traquait les célébrités avait fini par devenir suffisamment célèbre pour compliquer son propre travail.
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De Marguerite Duras au « terrorisme pâtissier »
Né à Liège en 1945, Noël Godin était journaliste et critique de cinéma. Ses premiers entartages existaient d’abord sur le papier, dans de faux récits publiés sous l’identité de Georges Le Gloupier. En 1969, il décide de « passer du faux au réel » et vise Marguerite Duras lors d’une visite en Belgique. La vocation était trouvée.
Godin qualifiait avec gourmandise son activité de « terrorisme pâtissier » et répétait : « Entartons les pompeux cornichons. » Derrière la farce, l’idée ne changeait guère : faire perdre quelques secondes leur superbe à ceux qui semblaient persuadés d’incarner à eux seuls l’intelligence, le pouvoir ou la morale.
Georges Le Gloupier est mort. Les costumes pourront désormais circuler un peu plus sereinement près des pâtisseries. Les images de ses attaques, elles, resteront : la preuve qu’une assiette de crème pouvait parfois dégonfler une posture plus rapidement qu’un long discours.
Le MEDIA en 4-4-2 est un média alternatif qui dispense, non sans humour, un très bon suivi des affaires de corruption et de manipulation du régime.
Article : https://lemediaen442.fr/noel-godin-est-mort-lentarteur-de-bhl-et-bill-gates-tire-sa-reverence/


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