Le député Charles Alloncle (UDR, Hérault), rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, accuse Xavier Niel d’avoir monté une opération de harcèlement médiatique pour le discréditer. Des clichés volés, publiés par Paris Match le 21 mai 2026, le montrent en compagnie de sa collaboratrice parlementaire Shéhérazade Khandani dans les rues de Paris, jusqu’au seuil de son domicile. Une intrusion grossière dans sa vie privée, orchestrée, financée et relayée par le magnat des télécoms, selon le parlementaire.
Les révélations accablantes de Mediapart
Selon Mediapart, Xavier Niel aurait fait circuler ces images avant même leur publication. Pire : il aurait injecté 3,7 millions d’euros pour sauver de la faillite Bestimage, l’agence de paparazzis fondée par Michèle Marchand (dite « Mimi »), structurellement en déficit. Une manne financière opportunément placée dans un contexte de tensions extrêmes avec la commission d’enquête.
Une commission qui dérange
Pendant six mois, Charles Alloncle et ses collègues ont disséqué les dysfonctionnements du service public audiovisuel, pointant une « crise » et un secteur déconnecté des attentes citoyennes. Leur rapport de 551 pages, rendu public le 5 mai 2026, a mis en lumière des conflits d’intérêts flagrants. Parmi les auditions les plus tendues : celle de Xavier Niel, actionnaire principal d’Iliad (Free) et co-actionnaire de Mediawan aux côtés de Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton. Mediawan, rappelons-le, empoche chaque année des centaines de millions d’euros de fonds publics pour produire des émissions phares de France Télévisions (C à vous, C dans l’air, etc.).
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L’audition qui a tout déclenché
Le 2 avril 2026, l’affrontement entre Xavier Niel et Charles Alloncle tourne au dialogue de sourds. Le premier qualifie la commission de « cirque », conteste les affirmations du rapporteur et menace de quitter la séance. Le second, lui, s’obstine à interroger les liens incestueux entre Mediawan et le service public, soulignant les risques de conflits d’intérêts et de financement opaque.
Paris Match, complice malgré lui ?
Le 21 mai 2026, Paris Match publie les clichés volés, présentant d’abord Shéhérazade Khandani comme la « compagne » du député — un titre rapidement corrigé. Dès le lendemain, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, saisit le déontologue. Depuis 2017, un élu ne peut en effet embaucher un membre de sa famille ou son concubin comme collaborateur. L’infraction est passible de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Shéhérazade Khandani a nié toute relation de concubinage. Le déontologue a finalement innocenté le député.
Charles Alloncle contre-attaque
Dans une déclaration sans concession, Charles Alloncle dénonce « des méthodes mafieuses » et s’indigne : « De quel droit un milliardaire, mécontent d’avoir dû rendre des comptes, peut-il utiliser ses moyens financiers et médiatiques pour intimider, surveiller et salir un élu dont le seul crime est d’avoir enquêté sur ses contrats juteux avec le service public ? » Il regrette le silence complice de Yaël Braun-Pivet, « si prompte, il y a dix jours encore, à légitimer cette opération de déstabilisation ». Et d’assener : « Je continuerai à exercer mon mandat avec la même détermination. Si défendre les intérêts des Français exige d’en payer le prix, je l’assumerai. »
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L’ombre de l’oligarchie sur la démocratie
Cette affaire pose une question cruciale : jusqu’où les acteurs économiques tout-puissants, liés par des contrats mirifiques à l’audiovisuel public, peuvent-ils aller pour étouffer les voix dissonantes ? À ce stade, Xavier Niel n’a toujours pas réagi officiellement à ces accusations. Mais le message est clair : en macronie, l’argent achète tout… ou presque.
par Yoann
Le MEDIA en 4-4-2 est un média alternatif qui dispense, non sans humour, un très bon suivi des affaires de corruption et de manipulation du régime.


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