La plèbe : histoire d’un mépris de classe – Jules Seyes

Peu de mots sont couverts du même mépris que le terme de plèbe réduite à des estomacs sans cervelles par la formule panem et circenses, du pain et des jeux. Pourtant, si la plèbe fut probablement décadente, celle des sénateurs et des chevaliers l’égala.

Surtout, elle est l’héritière de cette paysannerie romaine qui finit par vaincre Brennus après la chute de Rome, revint à l’assaut contre les Samnites, gagna contre Hannibal après de longs et exténuants combats, avant de terrasser maints autres ennemis de Rome. Nous partirons de cette histoire glorieuse. Nous examinerons ensuite les conflits avec la classe sénatoriale, nés de l’incroyable réaction politique du peuple romain. Nous conclurons sur la manière dont cette classe réussit à couvrir ce terme d’opprobre.

I. Ce que coûtait la conquête à ceux qui la faisaient

Tite-Live raconte qu’en 495, un vieil homme se jeta sur le forum de Rome dans un état qui fit accourir la foule : couvert de haillons, décharné, sale, et l’on reconnaissait pourtant sous cette misère un homme qui avait tenu un rang. On l’identifia : centurion, il avait servi dans les guerres sabines. Il raconta son affaire, et elle était simple. Pendant son service, l’ennemi avait ravagé sa terre, brûlé sa maison, emporté son bétail ; l’impôt de guerre était tombé au plus mauvais moment ; il avait emprunté ; la dette avait mangé le champ hérité du père, puis le reste, puis lui-même. Il ouvrit ses vêtements et montra sa poitrine marquée par les combats. Il se retourna ensuite, et l’on vit son dos, marqué d’une toute autre façon : celle laissée par le fouet du créancier sur le corps d’un homme livré.

Cette scène ouvre l’histoire politique de la plèbe romaine. Il convient d’en peser chaque terme, car elle contient déjà tout ce que les trois siècles suivants ne feront que répéter à plus grande échelle. Un homme a servi. Son service l’a empêché de tenir son bien. La perte de son bien l’a rendu débiteur. La dette l’a livré à un autre citoyen, qui a disposé de son corps. Et la cité, pour laquelle il avait reçu ses premières cicatrices, avait organisé juridiquement les conditions des secondes. Le nexum — cette convention par laquelle l’insolvable engageait sa personne — sera d’ailleurs aboli, mais seulement en 326, et son abolition ne supprimera pas le mécanisme, seulement sa forme la plus crue : après elle, on ne prendra plus le corps, on prendra la terre, ce qui revient au même à une génération près. La sécession de 494, la retraite de la plèbe sur le Mont Sacré, la création du tribunat sortent de ce corps montré sur le forum.

Ce corps est celui d’un propriétaire. Le fait est décisif et il est constamment oublié. L’armée romaine de la République n’est pas une armée de pauvres : elle est recrutée parmi les adsidui, ceux dont le patrimoine dépasse un seuil censitaire, et ceux qui n’ont rien — les proletarii, ainsi nommés parce qu’ils ne fournissent à la cité que leur descendance — en sont exclus jusqu’aux réformes marianiques1. Servir est un privilège attaché à la possession. Rome fait donc porter l’effort militaire par les hommes que cet effort ruine, et par eux seuls. Elle prélève le sang à proportion de la terre, et le prélèvement détruit la terre qui fondait le prélèvement.

Tant que les guerres restent latines et saisonnières, le système tient : on part au printemps, on rentre aux moissons. Il cesse de tenir à l’instant où les théâtres d’opérations de Rome débordent du cadre de la seule Italie. À partir de la seconde guerre punique et pendant deux siècles, la République mobilise une proportion de ses citoyens adultes que les estimations les plus prudentes placent autour de treize pour cent — un taux qu’aucun État prémoderne n’a soutenu aussi longtemps. Les campagnes d’Espagne, à partir de 197, retiennent les hommes six ans et davantage, à un mois de mer de leur champ. La guerre n’est plus une saison, c’est une carrière ; et pour le paysan-soldat, une carrière revient à laisser aux femmes et aux enfants la charge de la ferme, bien souvent la dette, les usuriers et une expropriation à terme.

Les intéressés le savent et le disent. En 151, puis en 138, les levées pour l’Espagne se heurtent à des refus collectifs, les tribuns interviennent. On voit alors ce spectacle d’une République où les tribuns de la plèbe font jeter les consuls en prison pour avoir voulu enrôler. Loin d’une émeute de miséreux, c’est le refus, par des propriétaires, d’un service qui les dépossède. Quinze ans avant Tiberius Gracchus, la question est déjà posée dans les termes où elle se posera jusqu’au bout.

Car pendant que le paysan-soldat perd son champ, la conquête produit. Elle produit du butin, des indemnités, des mines, des tributs provinciaux, et surtout de la terre : l’ager publicus, domaine du peuple romain constitué par confiscation sur les vaincus. En droit, cette terre appartient à la collectivité et son occupation est plafonnée — la loi licinienne fixe une limite de cinq cents jugères. En fait, les familles sénatoriales l’occupent sans limite, en louent l’usage à des tarifs dérisoires, y installent des esclaves que les mêmes guerres ont fournis par centaines de milliers, et transmettent ces occupations comme des patrimoines. Le produit de la conquête revient donc, en terre, à ceux qui ne l’ont pas faite, et sous forme de main-d’œuvre servile qui achève d’évincer le travail de ceux qui l’ont faite.

Le terrain fiscal donne la mesure exacte de ce partage. En 167, après Pydna, le Sénat suspend le tributum, l’impôt direct des citoyens romains d’Italie. Le butin macédonien, puis les provinces, financeront l’État. Voilà une redistribution du produit impérial : décidée, publique, chiffrable. Mais un dégrèvement se répartit à proportion du patrimoine. Beaucoup à qui possède beaucoup, rien à qui ne possède rien. Le peuple avait fourni les corps ; la justice exigeait de lui verser sa part en exonération d’une fortune dont il jouissait si peu. L’équité peut-elle exiger davantage ? Pas selon les riches !

L’opération doit être jugée pour ce qu’elle est : la classe sénatoriale possédait les moyens de s’allouer les meilleures parts du butin. Elle considérait le revenu tiré de la terre comme la forme la plus haute et la plus socialement glorieuse. Elle s’alloua donc l’ager publicus. Les publicains, les chevaliers purent accéder aux privilèges commerciaux, aux concessions liées aux activités jugées moins nobles. Les paysans, en concurrence avec les familles sénatoriales, n’eurent que des miettes sans importance. Ainsi, la classe dominante fixait la hiérarchie de l’honneur et s’en appropriait les moyens sans tenir compte de ceux qui ont saigné pour l’acquérir. Qui, aujourd’hui, décide de ce qui mérite une part ? Le procédé resservira à d’autres époques.

II. Le conflit avec la classe sénatoriale

C’est cet écart que Tiberius Gracchus vient nommer en 133. Le discours que lui prête Plutarque dit que les bêtes sauvages d’Italie ont leur gîte, mais les hommes envoyés combattre et mourir pour elle ne possèdent en propre que l’air et la lumière. Ils errent sans toit avec leurs femmes et leurs enfants ; on les appelle maîtres du monde et ils n’ont pas une motte de terre à eux. La formule est une formule d’orateur, mais sa demande est technique et modérée : appliquer la loi licinienne, reprendre l’excédent d’ager publicus occupé au-delà du plafond légal, le distribuer en lots inaliénables. Gracchus ne réclame pas la propriété d’autrui et préserve les profits déjà acquis. Il se contente de réclamer que le domaine public soit traité en domaine public. Une application de la loi qui aurait permis aux paysans de revenir à la source de revenu la plus socialement glorieuse du monde romain : le produit de son champ.

On sait ce qu’il advint : Tiberius fut tué la même année, à coups de pieds de bancs, sur le Capitole, par une troupe de sénateurs conduits par le grand pontife. Caius, dix ans plus tard, reprit le combat sur un front plus large et périt à son tour en 121. Mais entre les deux, quelque chose est passé : la loi frumentaire de 123, qui garantit au citoyen l’accès au blé à prix fixe, et que Clodius rendra gratuite en 58. De tout ce que les Gracques avaient demandé, seule la ration a survécu.

Il faut s’arrêter sur ce partage, car il est le cœur de l’affaire. La terre est refusée, le blé est concédé. La terre transfère de la propriété ; le blé transfère un avantage en nature. La terre rend un homme indépendant, capable de servir, capable de voter sans dépendre de personne. Elle le rend socialement digne alors que le blé le maintient en vie et le laisse sans base. Le peuple romain a demandé un capital, il a obtenu un revenu, et le revenu était révocable par ceux-là mêmes qui le lui versaient.

Encore faut-il voir ce que l’annone était réellement, parce qu’elle n’a jamais été une charité. Les frumentationes ne connaissent aucune condition de ressources : elles sont attachées à la citoyenneté, distribuées sur listes nominatives tenues à jour, à l’exclusion des esclaves et des étrangers. César, en réduisant les bénéficiaires de trois cent vingt mille à cent cinquante mille, ne fait pas œuvre de bienfaisance mais de gestion des ayants droit. La ration — cinq muids de blé par mois — nourrit un homme et non une famille, ce qui suppose que le bénéficiaire travaille par ailleurs, et il travaillait. Rome, en somme, concevait l’annone exactement comme ce qu’elle était : la part du citoyen dans le produit de l’Empire. Un dividende versé à des actionnaires dépouillés de leurs titres. Comment les dominants pourraient-ils résister à la tentation de nommer cela une aumône ?

III. Le mépris

Il faut maintenant regarder ce qui fut répondu, et remarquer d’abord ce qui ne le fut jamais.

À aucun moment la demande gracquienne ne fut discutée sur son fond. On ne trouve pas, dans les sources, d’argumentation soutenant que la redistribution de l’ager publicus eût été économiquement néfaste, ou techniquement impraticable, ou contraire à l’intérêt de la cité. Ce qui fut opposé à Tiberius Gracchus tient en un mot : adfectatio regni. Il visait la royauté. La revendication distributive fut requalifiée en menace contre la constitution, et une fois cette requalification opérée, il devint non seulement licite, mais méritoire de tuer l’homme sans jugement, au nom du salut public. Ce que l’on retint contre lui n’était pas le contenu de sa loi mais le fait qu’il eût déposé un collègue tribun, brigué un second tribunat, disposé d’un legs royal — autant de vices de forme et de procédé, autant de manières d’évacuer le débat sur la terre.

Ce mécanisme n’est pas propre à Rome, mais Rome en donne la forme pure, car elle avait inscrit la propriété au cœur de sa constitution avec une franchise que les régimes ultérieurs n’ont plus osée. Dans les comices centuriates, on ne vote pas par tête mais par centurie, les centuries sont réparties selon le cens, les plus riches votent les premiers, et il arrive régulièrement que la majorité soit acquise avant que les dernières classes aient été appelées. Le citoyen pauvre dispose formellement du droit de suffrage et n’atteint jamais le moment où il s’exerce. Il n’y a pas besoin d’interpréter : le peuple romain avait mis dans son droit électoral le principe que la voix vaut selon le patrimoine.

Restait à installer le mépris. Il vient plus tard, et le retard s’explique : tant que la plèbe pèse, on ne la moque pas : on l’affronte, on la corrompt, on la massacre. Les Gracques ont été tués, et l’on ne tue pas des gens dont on pense qu’ils ne veulent que du pain. Le faex Romuli de Cicéron, la plebs sordida de Tacite, appartiennent à un monde où la chose est déjà jouée. Et la formule qui a fait fortune, panem et circenses, est de Juvénal dans sa dixième satire écrite dans les premières décennies du second siècle de notre ère, sous l’Empire, c’est-à-dire à un moment où les comices ne décident plus rien, où le peuple romain n’élit plus ses magistrats, où le citoyen ne conserve que la distribution et le spectacle. Juvénal ne décrit pas une plèbe qui aurait préféré le pain à la liberté. Il décrit une plèbe à qui il ne reste que le pain, et il présente ce reste comme un choix.

Voilà l’opération, et elle se laisse énoncer en trois temps. D’abord, tant que la demande est dangereuse, on la requalifie : ce n’est pas une revendication, c’est une subversion, et son porteur n’est pas un homme qui demande, c’est un homme désireux de prendre le pouvoir. Ensuite, quand la pression ne peut plus être entièrement contenue, on substitue à la part réclamée une part concédée avec soin pour ne transférer aucune propriété : le blé contre la terre, le flux contre le stock, le revenu contre le titre. Enfin, une fois la substitution acquise et le rapport de forces renversé, le discours des dominants réécrit le bénéficiaire comme un homme qui n’avait jamais voulu autre chose : on lui a donné du pain faute de terre, et l’on conclut qu’il aimait le pain donné par charité.

La troisième opération est la plus efficace, car elle est la moins visible, et elle est possible pour une raison élémentaire. Toutes nos sources sur la plèbe romaine émanent des rangs des vainqueurs. Cicéron est un homme nouveau devenu consulaire et grand propriétaire ; Tacite est sénateur ; Juvénal appartient au monde des clients de rang équestre ; Suétone est secrétaire du prince. Nous ne possédons pas une ligne écrite par un bénéficiaire de l’annone sur l’annone. L’histoire de la plèbe romaine est un dossier instruit exclusivement à charge, par la partie adverse, et dont les conclusions ont été recopiées pendant deux mille ans comme s’il s’agissait d’un constat.

Seule l’archéologie finira par nous révéler les pièces à décharge :les tesserae frumentariae, ces jetons de distribution retrouvés par centaines, attestent une administration du droit, avec ses titulaires et ses listes — rien qui ressemble à une aumône. Les murs de Pompéi couverts d’affiches électorales, de mots d’ordre corporatifs, d’injures et de comptes montrent un peuple qui écrit, se compte et pèse sur les scrutins locaux. Et quand le blé manque, sous Claude, la foule coince l’empereur sur le forum et le bombarde de croûtons : voilà une plèbe parfaitement informée de ce qui lui est dû et de qui le lui doit. Le mépris des élites n’enregistre donc pas un état de fait. Le discours plébéien le contredit, mais la parole s’envole, les écrits des dominants restent, ou plutôt sont recopiés et, des siècles après, formatent l’opinion !

Pourtant, que devient cette partie adverse ? Les sénateurs se replient sur leurs domaines et sur l’otium, le loisir romain ; ils écrivent, fort belle chose. Aux siècles suivants, Rome confie toujours plus sa défense à des barbares et manque d’argent pour les solder, dans un temps où la munificence des banquets atteint des sommets d’indécence. En face, la plèbe se contente de conserver ses avantages traditionnels. Unesituation soigneusement ignoré par des procureurs indifférents aux errements de leur propre classe, lesquels ne collaient pas au discours de légitimation.

Il faut y insister, car c’est là que se noue le lien entre les trois opérations. Chacune consiste à déplacer la discussion du contenu vers la personne. La demande est-elle fondée ? On répond que le demandeur vise la tyrannie. La part accordée est-elle équivalente à la part due ? On répond en décrivant le caractère de celui qui la reçoit. Ce déplacement n’est pas une maladresse du débat : c’est sa fonction. Une revendication qu’on examine est une revendication qu’on peut perdre. Une revendication qu’on disqualifie n’a jamais eu lieu. Le discours des dominants a-t-il seulement changé de forme depuis ?

Et l’on aperçoit alors pourquoi la propriété tient si fermement à ce dispositif. Elle ne se contente pas de l’emporter dans le partage du butin ; elle se réserve de dire ce qui compte comme titre à une part. Le sang versé, le service rendu, la citoyenneté exercée sont des titres réels, et Rome les a tous reconnus en paroles. Mais elle ne les a jamais reconnus au point d’en faire des créances exigibles sur le patrimoine. Ils donnaient droit à la gloire, à l’exemption, à la ration ; jamais au jugère. Le peuple était fondé à demander, il n’était pas fondé à obtenir, et le nom qu’on a donné à cette limite s’appelle, dans toutes les langues : le droit de propriété.

Coda

Deux mille ans plus tard, Ferrat chante cette France qui a bâti de ses mains des usines dont les propriétaires disposeront sans que ceux qui les ont bâties soient consultés une seule fois. Le programme du Conseil national de la Résistance, arraché en 1944 dans la seule fenêtre où le propriétaire ne pouvait pas refuser, tiendra jusqu’au tournant de la rigueur de 1983. En 2007, un président de la Fédération française des sociétés d’assurances annonce publiquement qu’il s’agit désormais de le défaire méthodiquement.

En deux générations, la bourgeoisie s’amnistie de la collaboration économique dont ses patrimoines ont conservé les bénéfices. Mais elle nous laisse l’infamie de la défaite : SA DÉFAITE voulue, choisie face aux Allemands et entreprend de reprendre des « avantages »que le peuple a toujours payés2et dont elle organise la faillite par une gestion délibérément catastrophique3.

La macronie parachève l’œuvre avec ses médias et cette journaliste qui critiquait cette dame incapable de joindre les deux bouts4 n’avait qu’un seul tort : exprimer un peu trop tôt le mépris social de la bourgeoisie. Un discours conçu avec soin pour traiter les Français comme la bourgeoisie les considère : des squatteurs dans leur propre pays.

Après tout, si les Romains qui ont conquis le monde méditerranéen ne méritaient qu’une sorte de RSA, que méritent les Français qui se laissent conduire depuis un siècle par une république qui, sauf un ou deux incidents industriels5, n’est que le nom de la capture de l’État par la bourgeoisie ?

  1. Marius ouvre alors la légion aux prolétaires, mais la mesure transfère la loyauté de ces troupes de la république à ses généraux qui les paient et leur procurent le butin. De là les abondantes conquêtes avant la naissance de l’empire : satisfaire les vétérans exigeait du butin pour se les attacher. ↩︎
  2. Les charges dites patronales sont un élément de salaire, pas une générosité. La comptabilité les classe en masse salariale. ↩︎
  3. Cf les multiples exonérations de charges ↩︎
  4. « Fallait pas divorcer” les propos scandaleux d’une chroniqueuse au sujet d’une femme vivant au SMIC avec ses deux enfants ↩︎
  5. De Gaulle, que pourtant la bourgeoisie écarte en 1947, mais doit faire revenir en 1958 avant de s’en débarrasser en 1969. ↩︎

Jules Seyes

Jules Seyes (nom de plume), publie des livres et des articles dans plusieurs médias (Média 4-4-2, Donbass Insider, Observatoire de la Propagande). Contrôleur de gestion essentiellement dans les usines automobiles, cette expérience imprègne son analyse des questions productives et économiques, avec un soin particulier apporté à la technique et la rigueur des chiffres. Sa biographie

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