Liban : la journaliste Amal Khalil tuée dans une frappe israélienne

La journaliste libanaise Amal Khalil, correspondante d’Al Akhbar, a été tuée mercredi 22 avril dans une frappe israélienne dans le sud du Liban. Sa collègue Zeinab Faraj a été blessée. Le drame provoque une vive colère, alors que plusieurs voix accusent les autorités libanaises de ne pas réagir. Selon l’ONU, 11 journalistes ont été tués par l’armée israélienne au Liban début 2026 et 210 à 289 à Gaza depuis 2023.

Amal Khalil, journaliste libanaise et correspondante du quotidien Al Akhbar, a été tuée mercredi 22 avril dans le sud du Liban lors d’une frappe attribuée à Israël. L’annonce a été faite par la Défense civile libanaise ainsi que par son média employeur. Une autre journaliste, Zeinab Faraj, a également été blessée dans l’attaque.

Selon les informations communiquées par la Défense civile, les secours, appuyés par l’armée libanaise et la Croix-Rouge, ont pu retrouver le corps d’Amal Khalil dans le secteur d’al-Tiri, localité située près de la frontière entre le Liban et Israël. Dans un message relayé sur Telegram, le journal Al Akhbar a salué la mémoire de sa collaboratrice, affirmant qu’elle avait perdu la vie alors qu’elle exerçait sa mission d’information sur le terrain.

Une frappe dans une zone sous tension à la frontière libano-israélienne

D’après le récit du média libanais, Amal Khalil et sa collègue Zeinab Faraj circulaient en voiture lorsqu’un drone israélien aurait frappé un véhicule roulant devant elles. Les deux journalistes seraient alors sorties de leur voiture pour se mettre à l’abri dans une maison du village de Taïri.

Le journal affirme qu’Amal Khalil avait ensuite réussi à contacter les secours pour indiquer l’endroit où elles s’étaient réfugiées. Toujours selon cette source, l’habitation a par la suite été visée à son tour, piégeant les deux femmes sous les décombres. Les opérations de secours ont été fortement compliquées dans cette zone frontalière puisque l’armée israélienne a tout fait pour empêcher l’arrivée des secours.

Après plusieurs heures, les équipes de secours ont finalement pu extraire Zeinab Faraj, blessée, avant de revenir sur les lieux. C’est à ce moment-là qu’elles ont découvert qu’Amal Khalil n’avait pas survécu.

Dans une interview enregistrée avant son assassinat ciblé, la journaliste libanaise Amal Khalil, évoquait les menaces qu’elle recevait en couvrant l’agression israélienne dans le sud du Liban pour Al-Akhbar :

« J’ai reçu sur mon téléphone des menaces directes visant ma personne, de la part du Mossad et d’Israéliens, qui m’ont menacée de me tuer. Ils disaient littéralement qu’ils me trancheraient la tête si je ne quittais pas le sud du Liban. Avant le 23 septembre, je ne prenais certainement pas ces menaces au sérieux et je ne faisais pas particulièrement attention, parce que je me disais que, si j’allais faire ce qu’ils voulaient, pourquoi laisserais-je l’ennemi israélien m’imposer son propre récit ? Il fait venir des journalistes sur mon territoire et promeut le récit qu’il veut, tout en m’empêchant de me déplacer librement sur ma propre terre. »

Un membre de la famille d’Amal Khalil : « Le sang d’Amal Khalil est sur les mains du Président, du Premier ministre et du commandant de l’armée pour ne pas l’avoir secourue… Ils l’ont laissée là pendant sept heures sans même s’approcher d’elle ! »

Qui était Amal Khalil ?

Amal Khalil était connue comme la correspondante d’Al Akhbar dans le sud du Liban, une région marquée depuis des mois par les échanges de tirs et les bombardements le long de la frontière. Elle avait réalisé de nombreux reportages vidéo sur la guerre dans le sud du pays pour le site du quotidien.

Sa mort suscite une vive émotion dans les milieux médiatiques libanais, où elle était perçue comme une journaliste de terrain engagée, au plus près des habitants touchés par le conflit.

L’Union des journalistes du Liban dénonce des attaques répétées

À la suite de sa mort, l’Union des journalistes du Liban a dénoncé un nouvel acte visant la profession. L’organisation estime que ce drame ne constitue pas un incident isolé, mais s’inscrit dans une série de violences contre des journalistes libanais, dont plusieurs ont déjà été tués dans l’exercice de leur métier.

Dans le pays, la colère monte également chez une partie de l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux et dans plusieurs réactions locales, des voix accusent les autorités libanaises de passivité face aux frappes israéliennes répétées dans le sud du Liban. Ces critiques visent notamment l’absence, selon elles, de réponse politique ou militaire à la hauteur de la gravité de la situation.

En tuant une journaliste en pleine mission de terrain, ce drame rappelle une réalité brutale : informer depuis les lignes de front expose les reporters à des risques permanents, au moment même où leur travail est essentiel pour documenter la guerre.

Le MEDIA en 4-4-2 est un média alternatif qui dispense, non sans humour, un très bon suivi des affaires de corruption et de manipulation du régime.

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