Il rédigeait des notes pour Macron : Samuel Hassine condamné dans une affaire de pédopornographie

À la cybersécurité et la cyberdéfense (ANSSI), Samuel Hassine n’était pas chargé de changer les mots de passe de la photocopieuse. L’expert occupait des fonctions stratégiques dans la cybersécurité de l’État. Selon L’Express, lorsque Emmanuel Macron demandait des notes sur les cyberattaques russes avant une rencontre avec Vladimir Poutine, c’est notamment vers lui que l’administration se tournait.

La suite ressemble au CV rêvé de la start-up nation. Samuel Hassine quitte l’ANSSI, cofonde Filigran et développe OpenCTI, un logiciel de renseignement sur les cybermenaces utilisé par des poids lourds comme le FBI, la NSA et les services français. Filigran intègre la French Tech 2030. Son patron est reçu à l’Élysée dans le cadre de Choose France et doit même participer à un déplacement d’Emmanuel Macron en Asie.

Puis arrive le 30 septembre 2022.

27 dollars sur un site pédocriminel

Cette nuit-là, un internaute utilisant le pseudonyme « DarkTrace99 » se connecte à une plateforme du darknet proposant des contenus pédopornographiques particulièrement violents. Une transaction d’environ 27 dollars est engagée pour l’achat d’un lot de fichiers.

Les enquêteurs allemands finiront par récupérer les données de la plateforme et transmettre à Europol une liste de clients européens. Parmi les Français identifiés figure Samuel Hassine.

L’expert est interpellé en mars 2026 à son retour des États-Unis, alors qu’il devait rejoindre quelques jours plus tard une délégation accompagnant Emmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud.

Devant les enquêteurs puis le tribunal, Samuel Hassine explique avoir agi dans le cadre de ses recherches sur la cybercriminalité. Il affirme n’avoir jamais voulu consulter ces contenus et n’avoir téléchargé aucun fichier. Problème : en 2022, il ne travaillait plus pour l’ANSSI et ne disposait d’aucune autorisation lui permettant de commettre une infraction pour les besoins d’une enquête.

Le procureur lui-même écarte cependant toute intention pédophile ou sexuelle. Selon lui, l’expert a simplement voulu aller « trop vite, trop loin ». Le 7 septembre 2026, le tribunal le condamne à 2 000 euros d’amende pour tentative d’acquisition de contenu pédopornographique. Pas de prison, pas d’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Samuel Hassine a indiqué qu’il ne ferait pas appel.

Autrement dit, la justice n’a pas qualifié Samuel Hassine de pédophile. Elle a en revanche considéré que son excursion professionnelle improvisée dans les égouts du darknet constituait bien une infraction.


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Un dossier de plus dans les cartons de la « République exemplaire »

L’affaire Hassine n’est juridiquement comparable à aucune autre. Mais elle rejoint une série de dossiers qui ont sérieusement cabossé les promesses d’exemplarité du pouvoir.

Laurent Bigorgne, proche d’Emmanuel Macron et ancien patron de l’Institut Montaigne, a été définitivement condamné à douze mois de prison avec sursis pour avoir drogué une collaboratrice, la justice ayant retenu une intention sexuelle. Joël Guerriau, alors membre d’Horizons, a été condamné en première instance en janvier 2026 à quatre ans de prison, dont dix-huit mois ferme, pour avoir drogué Sandrine Josso avec l’intention de l’agresser sexuellement ou de la violer. Il a fait appel.

Damien Abad, brièvement ministre d’Emmanuel Macron, reste mis en examen pour tentative de viol et conteste les accusations. Nicolas Hulot, autre ancien ministre, a été visé par plusieurs accusations de violences sexuelles, dont certaines concernant des faits allégués lorsqu’une accusatrice était mineure ; l’enquête a été classée en raison de la prescription. Benoît Simian, ancien député LREM, a été condamné pour harcèlement envers son ex-compagne.

Et en 2026, le feuilleton continue avec Pierre-Olivier Costa, ancien conseiller spécial d’Emmanuel Macron et ancien directeur de cabinet de Brigitte Macron, suspendu de la présidence du MuCEM alors qu’une enquête pour harcèlement moral et sexuel est toujours en cours. Il conteste les accusations.


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Politiquement, l’affiche commence à être difficile à vendre. La « grande cause » et la « République exemplaire » vieillissent moins bien que les slogans de campagne.

La start-up nation voulait fabriquer des licornes. Elle aurait peut-être dû investir un peu plus dans le contrôle qualité.

par Yoann

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